Aide à la création d’une activité de formation en boulangerie dans un orphelinat ukrainien
Contexte
Le ministère de la Politique sociale ukrainien rapporte que fin 2024 plus de 17 000 enfants ont perdu la protection de leurs parents depuis le début de l’invasion. Ce chiffre ne fait qu’augmenter.
La situation quotidienne de ces orphelins, ainsi que celle des familles monoparentales et des familles d’accueil, est marquée par une grande précarité, aggravée par la destruction des infrastructures et les déplacements continus.
L’orphelinat du monastère de la Sainte Ascension au village de Bancheny offre soutien et protection.
Titre du projet : Bakery of Hope

Porteur du projet
Association « Offrir l’espoir » (ou « Offering Hope)
Fondée en Ukraine en juin 2022, cette association a pour mission principale de soutenir les enfants orphelins et les familles touchées par la guerre. Son action vise à apporter de la bienveillance, à raviver la confiance en soi des jeunes victimes et à leur offrir des perspectives d’avenir par l’apprentissage.
Adresses : Siège social : 9, Vyshnyakivska st. – off. 135, Kyiv 02140 – UKRAINE.
Lieu d’exécution du projet : Orphelinat du monastère de la Sainte Ascension, village de Bancheny, région de Tchernivtsi, Ukraine.
L’oblast de Tchernivtsi se trouve dans la partie sud-ouest de l’Ukraine. Il s’agit de la plus petite région du pays. Elle partage des frontières internationales avec la Roumanie au sud et la Moldavie au sud-est.
Responsable du projet : Kseniia Zozulia, Présidente de l’association. (Elle est secondée par Christophe Roller, boulanger alsacien et co-initiateur du projet).
Objet du projet
Assurer une formation professionnelle certifiante en boulangerie et pâtisserie à un groupe d’orphelins pour faciliter leur insertion professionnelle.
Fournir quotidiennement le pain à la cantine de l’orphelinat, qui accueille plus de 800 personnes (enfants et personnel).

Rythme de formation
La formation des étudiants est structurée autour d’un cycle scolaire défini, alternant apprentissage théorique, pratique hebdomadaire et missions intensives.
L’année scolaire s’étend du 1er septembre au 31 mai, soit une durée de 9 mois par cycle annuel. Toutefois, le programme complet visant l’obtention d’un diplôme certifiant va s’étendre sur deux ans car un examen final est officiellement programmé pour juin 2027.
La formation est conçue pour être progressive et s’adapte au calendrier scolaire classique des orphelins :
Organisation hebdomadaire : Les étudiantes suivent leur cycle scolaire normal en semaine. L’apprentissage de la boulangerie a lieu le vendredi de 15h à 21h et le samedi de 8h jusqu’à la fin de la journée.
Volume horaire : Le programme prévoit 20 heures de formation pratique par semaine (soit 540 heures par an) et 4 heures de cours de technologie professionnelle (soit 108 heures par an).
Méthode pédagogique hybride :
Sessions intensives : Des formateurs français (comme Loïc Nervi, José Arroyo ou Jean-Marc Fontanilles) interviennent ponctuellement pour des blocs de formation de quelques jours (3 à 12 jours) afin d’enseigner de nouvelles techniques et recettes.
Travail en autonomie : Entre ces visites, les élèves pratiquent chaque semaine en s’appuyant sur des vidéos pédagogiques filmées durant les stages et un carnet de recettes (32 recettes répertoriées début 2026) traduit en russe.
Suivi à distance : Les élèves envoient des photos de leurs réalisations sur un groupe WhatsApp. Les formateurs français analysent les produits et envoient leurs critiques et conseils pour corriger les erreurs.
Encadrement et effectifs
Les cours se déroulent par petits groupes pour garantir la qualité de l’apprentissage (maximum 6 jeunes par groupe en pratique). Actuellement, la formation concerne principalement des jeunes filles âgées de 14 à 19 ans, encadrées sur place par une religieuse qui supervise leur travail quotidien dans l’atelier. À terme, l’école ambitionne de former entre 12 et 18 apprentis par an.
Date de début du projet : 18 mai 2024 (date de signature de la convention de cofinancement avec le Fonds de dotation).

Déroulé du projet
Juin 2022 : Création de l’association « Offrir l’espoir ».
Mai 2024 : Signature de la convention de financement pour l’équipement du fournil.
La livraison du matériel professionnel destiné au fournil de l’orphelinat s’est déroulée en deux étapes majeures :
- La livraison groupée de septembre 2024
Cette première phase a consisté à centraliser et expédier le gros matériel offert par plusieurs fabricants français (PANEM, SOFINOR, SOREMA, etc.) ainsi que du matériel d’occasion provenant du LEMPA et d’un lycée hôtelier.
Cette livraison comprenait un pétrin, un refroidisseur d’eau, un laminoir, des tours réfrigérés, une cellule de réfrigération rapide, une chambre de pousse et divers équipements en inox (plonges, tables de travail).
Le matériel a été regroupé sur une plateforme d’expédition à Drusenheim (Alsace), puis acheminé fin septembre 2024 jusqu’à la frontière roumano-ukrainienne.
Kseniia Zozulia a personnellement géré les formalités de dédouanement sur place pour permettre l’entrée du matériel en Ukraine. - La livraison complémentaire de juin 2025
La seconde étape a eu lieu environ neuf mois plus tard, coïncidant avec la première mission de formation sur place.
Elle concernait principalement un four ventilé professionnel et du petit matériel de boulangerie (plaques de cuisson, moules, bols, balances, etc.) financé par le Fonds de dotation.
Ce matériel a été livré au domicile de Loïc Nervi dans le Var en juin 2025. Il l’a ensuite chargé dans son propre fourgon pour le transporter par la route (environ 2 000 km) jusqu’à l’orphelinat de Bancheny à l’occasion de son départ pour sa mission de formation.
Ces deux étapes ont permis de rendre l’atelier totalement opérationnel pour le début effectif de l’apprentissage des jeunes orphelins.
Etat d’avancement
L’atelier est pleinement opérationnel. Il produit environ 250 kg de produits par semaine (pains et biscuits) pour les besoins de l’orphelinat et un petit point de vente extérieur.
Deux groupes d’étudiantes (environ 21 personnes au total) suivent des cours réguliers, incluant une pratique hebdomadaire supervisée par des religieuses et un suivi à distance par des formateurs français via WhatsApp. Un examen final pour la délivrance d’un diplôme est programmé pour juin 2027.
Dernières actions menées
Juin 2025 : Première mission de formation intensive de 12 jours dispensée par Loïc Nervi, boulanger dans le Var, à 21 étudiantes.
Formation technique intensive (recettes de spécialités françaises et viennoiseries) avec José Arroyo et Jean-Marc Fontanilles du 18 au 24 janvier 2026.
Visite de suivi et masterclass de Loïc Nervi auprès des élèves à l’orphelinat : début mai 2026.
Planification de stages en Alsace pour trois étudiantes et une religieuse : démarches en cours auprès de la Fédération des boulangers d’Alsace (février à avril 2026)
Obstacles à lever
- Situation des fondateurs
Aujourd’hui, plusieurs d’entre eux entravent le bon déroulement du projet « Bakery of Hope ».
L’entreprise de boulangerie de Christophe Roller à laquelle est associée Kseniia Zozulia est en difficulté financière.
Cette situation mobilise la quasi-totalité de l’énergie et du temps de Kseniia. Christophe Roller, quant à lui, est retenu par la production de ses magasins en raison d’un manque de personnel et ne peut plus se rendre sur place en Ukraine pour l’instant. - Problèmes d’infrastructures et de matériel en Ukraine
L’atelier de boulangerie à l’orphelinat fait face à des contraintes matérielles concrètes :
Température excessive : La salle, qui était un ancien jardin d’hiver, souffre d’une isolation insuffisante. La température y a atteint 36°C dès le mois de mars, ce qui perturbe le travail de la pâte. L’installation d’un extracteur d’air, d’un climatiseur ou de protections solaires est nécessaire mais coûteuse. - Obstacles hiérarchiques et organisationnels
Le fonctionnement du monastère de Bancheny impose une gestion complexe.
Toutes les décisions importantes dépendent de l’autorisation personnelle du métropolite qui est très peu disponible. - Impact direct du conflit armé
Bien que la région de Tchernivtsi soit décrite comme relativement calme, la guerre pèse sur le projet.- Des coupures d’électricité imprévisibles obligent les formateurs et les élèves à adapter leurs horaires de travail et la gestion des fermentations de manière impromptue.
- Les documents techniques et les vidéos doivent être traduits en russe, la langue la plus pratiquée à la frontière roumaine, ce qui ajoute une étape de travail administratif pour Kseniia.

En résumé, le projet tient actuellement grâce à la volonté de Kseniia Zozulia qui, malgré une situation difficile face aux « imprévus et épreuves », refuse de renoncer.
Un point sera fait avec elle au 3éme trimestre 2026.
